6 juillet 2021

Les grands travaux de la CCI : un coup de billard à trois bandes

La CCI PIDF lance un grand projet visant à optimiser l’occupation des locaux pendant les travaux d’extension/rénovation/restructuration/ du site du 79 République abritant l’ESCP.
Cette opération impactera plus de 4000 personnes, personnels et apprenants, et voire même jusqu’à 6000 à un certain moment, selon le Directeur Général Délégué Jacques Garau.
Même si la Direction affiche une volonté de « développer chacune de nos écoles », on voit bien que toutes ne sont pas traitées à la même enseigne….

Le calendrier
Concours d’architecte attribué                                fin 2021
Dépôt de permis de construire                                 juillet 2022
Obtention d’un permis purgé de tout recours        juillet 2023
Début des travaux pour une durée de 48 mois       décembre 2023


Mais comme le projet doit se faire en site vide et impose donc une libération des locaux à l’été 2023. Où recaser le personnel de l’ESCP ?
C’est le site de Champerret qui va servir de site de repli pendant la durée des travaux et sera dédié à l’ESCP. Mais que deviennent alors les écoles et services actuellement présents sur place ?
  • Départ d’HEC fin 2021 à Jouy-en-Josas
  • Libération des espaces à partir de l’été 2022
  • La Fabrique, Sup de Vente / Essym, la Coding Factory, la DRIE, la DSG du GIE rejoindront le site de Montparnasse. 
  • La DGA CCI Internationale s’installera dans un site de bureaux loués jusqu’à l’achèvement du chantier de Jouhaux où elle emménagera fin 2024. 
  • La DGA SIRE sera installée à Friedland. 
  • Travaux éventuels d’adaptation en milieu semi-occupé au 1er semestre 2023
  • Installation de l’ESCP à l’été 2023

Les études ont démarré mi-juin, pilotées par la DPI GIE. La Direction indique qu’un « scenario d’installation prenant en compte les besoins de chaque entité devant quitter Champerret et l’optimisation des espaces et des surfaces » sera présenté en octobre 2021.  Les travaux se réaliseront à mesure de la libération des locaux de début 2022 à juin 2023.

Les points d’achoppement

  • La restauration : quid du devenir du personnel de Champerret ?
  • Les temps de trajet allongés pour les personnels : quid de l’application de l’accord relatif à la mutation géographique à l’initiative de l’employeur ? 
  • Pendant les travaux : quid des conditions de travail des salariés ?
  • Les temps de trajet allongés pour les apprenants : suivront-ils le mouvement ? 
  • Les bassins de sourcing : une étude de marché serait une bonne idée !

La Direction minimise ces réalités en arguant du fait que « ce sont seulement 30 minutes de trajet de porte de Champerret à Montparnasse ». La réalité du temps de trajet ne doit pas se mesurer à l’échelle de paris intra muros mais bien au réel. Les personnels, selon leur lieu d’habitation, peuvent voir ce temps considérablement augmenter voire doubler !

Aux questions de la CGT
Les écoles déménagées à Montparnasse y resteront-elles définitivement ?
=>    La Direction (même si elle le laisse entendre du bout des lèvres) ne peut pas répondre car les écoles et la situation auront évolué d’ici là.
Que deviendra le site de Champerret une fois libéré lorsque l’ESCP aura réintégré République ?
=>    La Direction ne peut pas répondre car il est beaucoup trop tôt pour le dire.
Comment ce chantier sera-t-il financé ?
=>   La Direction ne peut pas répondre car les négociations avec les éventuels financeurs sont en cours.

A toutes ces questions, la Direction oppose le fait qu’elle « n’a pas de boule de cristal »….

Qui se lance dans une telle opération de plusieurs millions sans savoir comment elle sera financée ? Pourquoi la Direction est-elle capable de prévoir un plan de transformation sur plusieurs années mais incapable de dire ce qu’elle a prévu à terme pour les écoles impactées ?

Une fois de plus, les grands oubliés de ce grand projet pharaonique à la Numérobis sont les personnels. De longues explications sur les bâtiments, les déménagements, les études techniques mais quasiment rien sur le personnel ! Comme d’habitude, ce sera : adapte-toi en silence ! La Direction essaye d’opposer les grandes écoles de commerce aux petites écoles technologiques : ne mélangeons pas torchons et serviettes !


Toutefois, interpellée par la CGT, la Direction a apporté quelques précisions et a pris quelques engagements :

  • Aucune suppression de poste n’est prévue. 
  • Rien ne bouge à la cuisine centrale à Champerret, au moins jusqu’à l’été 2023. 
  • Les mesures de mutation géographiques seront appliquées conformément à l’accord statutaire.  
  • La situation particulière (près de 4h de trajet par jour) des collègues mis à disposition d’HEC sera étudiée avec la direction d’HEC, notamment pour le nombre de jours télé travaillés. 
  • La recherche de partenaires (investisseurs) pour nos écoles se poursuit. 
  • D’autres projets de travaux verront le jour, notamment celui de la rénovation du site d’Enghien les Bains de la filiale Sup de Vente / Essym, longtemps mis de côté.


La CGT demande qu’une attention particulière soit portée aux conditions de travail des collègues impactés, que ce soit lors des déménagements / emménagements ou pendant les travaux, notamment par une information régulière des instances : CHS, ILC, CRHS et CPR.

Fidèle à ses engagements, la CGT continue à se mobiliser, à vous informer et à agir dans l’intérêt des agents.

Un article du syndicat CGT CCI Paris IDF Chambre de Commerce et d'Industrie Paris IDF

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Les télétravailleurs vont rebondir....

L’année écoulée a contraint nombre de salariés au télétravail. Pour chacun, il a fallu s’organiser, dégager de la place au domicile et aménager un espace de travail digne de ce nom. Passer de longues heures assis devant son écran suppose un minimum d’ergonomie, sinon de confort. Tout le monde ne possède pas de siège adapté.
Depuis des années, les salariés sont alertés sur les risques de pathologies musculaires et articulaires et autres TMS (troubles musculosquelettiques) liés à une mauvaise posture assise.
 
Comme la CGT l’a déjà souligné, il existe deux poids deux mesures en la matière : les tété travailleurs sous avenant peuvent bénéficier d’une aide à l’équipement (fauteuil ergonomique, bureau et lampe) à hauteur de 380 €, les télétravailleurs occasionnels (on notera l’ironie du terme quand on sait que nous venons de passer plus d’un an à télétravailler) n’y ont pas droit.
 
La CGT a demandé à maintes reprises que cette inégalité de traitement soit rectifiée et que la Direction participe au moins à l’achat d’un siège adapté pour tous. Elle s’est heurtée à un mur.
 
Face à ce refus de l’employeur d’assumer ses responsabilités, la CGT a opté pour un « plan B » en étudiant la possibilité pour le fonds social d’aider à l’achat d’un siège adapté et a demandé la tenue d’une Commission spéciale de gestion du fonds social. Celle-ci s’est réunie vendredi 25 juin en présence de la Direction et des Représentants du Personnel CFDT et CGT. La proposition de la CGT était la suivante : le fonds social participe à l’achat d’un siège adapté à hauteur de 200 €, la CCIR s’engageant à le rembourser si le salarié devenait un télétravailleur sous avenant.
 
Malheureusement, la CFDT s’est opposée à cette proposition, de même que la Direction, qui estime que les salaires sont élevés à la Chambre et que donc, tout salarié est en mesure de financer l’achat de son propre matériel de travail.
 
La CGT a rappelé que de nombreux salaires sont pourtant peu élevés, sans compter la disparité des rémunérations entre salariés sur un même poste. De plus, il n’est pas judicieux de ne prendre en compte que le salaire de l’agent car sa situation familiale et personnelle peut être dramatique par ailleurs.
 
La Direction indique que trois solutions s’offrent aux salariés. Certains process sont parfois lourds :
  1. Demander à bénéficier d’un avenant télétravail et bénéficier ainsi des mesures de l’accord télétravail et de la note de service régionale. Possibilité dont sont exclus beaucoup de nos collègues puisque l’employeur estime que leur fonction est incompatible avec le télétravail (enseignant, conseiller d’éducation, technicien de proximité informatique, etc.)
  2. Fournir un justificatif médical de la médecine du travail attestant la nécessité de disposer d’un fauteuil ergonomique, dans ce cas son financement sera intégralement pris en charge par l’employeur.
  3. La personne qui doit investir dans un siège adapté et qui connait des difficultés économiques doit contacter l’assistance sociale et monter avec cette dernière un dossier de demande d’aide non remboursable qui sera présenté à la commission d’attribution du fonds social, laquelle statuera sur la recevabilité de la demande et consentira éventuellement à cette aide.
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ….

La Direction, dans le cadre de sa politique RSE, indique étudier la possibilité de doter les salariés d’un Ballon Pilates qui favoriserait les bonnes postures.
Les télétravailleurs vont rebondir… Une fois de plus, à la CCI, il faudra être agile (et équilibriste ?)…


Fidèle à ses engagements, la CGT continue à se mobiliser, à vous informer et à agir dans l’intérêt des agents.

Un article du syndicat CGT CCI Paris IDF Chambre de Commerce et d'Industrie Paris IDF

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1 juin 2021

Le e-learning : l’universelle panacée pour la Direction !

La pandémie nous a tous forcés à travailler à distance. Pour les enseignants, il a fallu repenser tous les cours et toute la pédagogie pour l’adapter au mieux à cette situation. Très vite, le système a montré ses limites : manque d’équipements, problèmes de connexion, désocialisation, accentuation des différences de niveau, sentiment d’abandon ressenti par les plus faibles, usure de tous, enseignants et apprenants, absence de logiciel de surveillance des tests en ligne rendant les évaluations très aléatoires, etc.
Pourtant la Direction y a vu l’aubaine de l’année ! Enfin, les enseignants qui depuis longtemps l’alertaient sur ces difficultés, se trouvaient au pied du mur et ne pouvaient plus refuser la fameuse digitalisation. Ignorant toutes les difficultés et les écueils, la Direction se concentre sur son objectif premier : faire des économies ! C’est bien connu, les enseignants, privilégiés et protégés, sont rétifs au changement, martèle-t-elle volontiers. Non, les enseignants ne sont pas rétifs au changement mais ils sont préoccupés par une donnée que la Direction semble avoir totalement oubliée : la qualité de la pédagogie et de notre service d’intérêt général.
Penser que le Smartphone est le prolongement du bras du jeune n’est pas faux. Il suffit juste d’intégrer que c’est pour eux un outil ludique et de lien social, certainement pas un outil d’apprentissage. Le miracle de l’apprenant autonome devant son écran n’arrivera pas ! C’est un leurre et ce, quelque soit le niveau dudit apprenant, en tous cas dans nos écoles. Le premier confinement l’a bien montré.

Alors, au final, quel est le problème ?
La Direction impose :
  • des quotas de e-learning : tiennent-ils compte des distinctions de niveau, de disciplines, de diplôme ?
  • des cours digitaux asynchrones (un cours enregistré une fois pour toutes et diffusé à l’infini).
Nos inquiétudes :
  • Pas de stratégie claire, pas d’accompagnement, pas d’objectifs pédagogiques, pas de moyens concrets sur le terrain alors même que l’opération est déjà lancée dans certaines EESC de manière totalement désorganisée.
  • Pas de réflexion sur la valorisation de ces « cours ». Le Titre III régit encore les enseignants. Sur quel article les managers s’appuient-ils pour positionner des cours à coefficient 1 ?
  • Quid de la propriété intellectuelle, notamment pour les documents déposés sur Blackboard ?
  • Quel est l’impact de cet enseignement asynchrone sur les plans de charge des enseignants et sur leurs conditions de travail ? Quid du devenir du métier d’enseignant ?
  • Comment les entreprises vont-elles accepter de rémunérer leurs apprentis pour qu’ils restent chez eux devant leur écran ? Ou préfèreront-elles faire appel à des CFA où les cours se font en présentiel ?
  • Comment gérer l’accident du travail de l’apprenant devant son écran chez lui ?
  • Qu’est-ce que ce dispositif apporte aux apprenants pédagogiquement parlant ? Quelle est la plus value pour nos apprenants, notamment ceux en apprentissage ? Quel est son coût financier ?
  • Comment s’assurer que ces cours digitaux sont matériellement accessibles aux apprenants ? (équipements, connexion, espace physique correct et adapté)
  • Comment déployer un tel enseignement alors que, contrairement à ce qu’exigent notre statut et notre règlement intérieur, aucune Instance Paritaire de Concertation ne s’est réunie à ce jour pour, au moins, discuter la nécessité d’un tel dispositif, déterminer les objectifs pédagogiques à atteindre et les modalités de sa mise en œuvre ?
Alors, bien sûr, pour mieux « vendre » le concept, il fallait un emballage marketing adéquat. C’est chose faite ! Le phygital est né ! Ce terme, contraction des mots « physique » et « digital », renvoyant à une stratégie marketing pour développer du chiffre d’affaires, fait de nous des marchands et de nos apprenants, leurs familles et leurs entreprises de simples consommateurs. Il remet ainsi profondément en question notre mission d’intérêt général si chère pourtant, à les en croire, au Président Kling et aux élus de notre CCIR. Notre mission de formation et d’éducation ne peut et ne doit se résumer à une simple relation client/fournisseur.
L’objectif serait donc de rendre ce déploiement moderne, tendance, branché. En apparence tout au moins... Car la réalité est tout autre : injonctions contradictoires, des EESC qui bidouillent chacun à leur sauce une directive floue ni objectivée ni motivée, des enseignants livrés à eux-mêmes qui se débrouillent comme ils peuvent face à des créneaux vides de sens positionnés dans l’emploi du temps de façon totalement aléatoire.

La CGT a demandé que soit porté à l’ordre du jour de la CPR du 7 juin un éclaircissement sur ce chapitre épineux du e-learning. Elle espère que la Direction présentera une directive claire avec des objectifs concrets et atteignables, des moyens précis et dédiés sur le terrain et une prise en compte dans le plan de charge des enseignants, dans le respect du titre III. Faute de quoi, le « phygital » se métamorphosera bientôt en « piège fatal et abyssal ».

Fidèle à ses engagements, la CGT continue à se mobiliser, à vous informer et à agir dans l’intérêt des agents.

Un article du syndicat CGT CCI Paris IDF Chambre de Commerce et d'Industrie Paris IDF

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25 mai 2021

Heures complémentaires : enfin un début de réponse....

La CGT a de nouveau sollicité M. Thomas Jeanjean le Directeur Général Adjoint Education au sujet de l’épineuse question des heures complémentaires.
Alors que les plans de charge sont en cours d’élaboration pour l’année scolaire 2021-2022 et que nombre d’écoles se demandent comment tourner sans la souplesse de ces heures, la CGT a demandé le maintien du dispositif actuel au moins jusqu’à la renégociation du Titre III des enseignants.

Un premier pas...
Pendant des mois, la Direction de la CCIR nous a opposé une fin de non-recevoir. M. Jeanjean s’est saisi du dossier à son arrivée et a visiblement compris la difficulté dans laquelle les écoles allaient se trouver.
Evidemment, comme à son habitude, la Direction choisit toutefois l’option de la « côte mal taillée » et décide d’autoriser, pour l’année scolaire 2021-2022, « à titre dérogatoire» un total de 250 heures maximum par agent.
C’est un début ! Certes, cela ne résoudra pas les problèmes qui se profilent mais un pas est fait vers les agents, reconnaissons-le.
Toutefois, réduire la voilure de moitié (500 heures max cette année contre 250 l’année prochaine) est une baisse drastique qui n’apportera que des solutions partielles aux écoles et décevra forcément les enseignants dont le pouvoir d’achat ne cesse de se réduire comme peau de chagrin ces dernières années.
 
A la recherche de la motivation perdue.... des attentes fortes
A l’heure où on demande aux agents d’en faire toujours plus, d’être réactifs, « agiles », de faire des cours à distance, d’intégrer du e-learning (certes avec l’appui de la DIP, mais sans objectifs pédagogiques clairement définis, sans moyens donnés aux enseignants et avec des modalités de prise en compte dans les plans de charge à clarifier d’urgence), voilà qu’un nouveau tour de vis vient les priver d’une rétribution qu’on leur a pourtant, à tort ou à raison, promise à l’embauche ! Alors qu’il leur faut être présents pour les apprenants, se réinventer continuellement, être garants de l’excellence de nos formations, partout soulignée, et dont se targuent à l’envie les plus hautes strates de notre maison, on rabote allégrement de tous côtés ! Aux enseignants, déjà lourdement pénalisés ces dernières années, de payer à nouveau la note ! C’est oublier un peu vite que nos écoles « vendent » de la formation, et que sans enseignants, rien à vendre !
 
La CGT demande donc à la Direction de ne pas pousser à bout ses enseignants, à qui elle a déjà demandé beaucoup de sacrifices, et de reconsidérer le volume global annuel d’heures complémentaires autorisé pour l’année scolaire à venir.

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16 avril 2021

Intersyndicale CFE-CGC CCI – CGT CCI PIDF – UNSA CCI : Rapport annuel de la cours des Comptes : Les CCI encore attaquées !

Dans son dernier rapport annuel, la Cour des comptes remet en cause l’utilité des CCI, invoquant une activité insuffisante et une méconnaissance des besoins des entreprises. Ces critiques sont vécues comme une injustice par les collaborateurs, qui œuvrent chaque jour aux côtés des entreprises.

Evitons tout amalgame : l’absence de stratégie et l’incapacité du réseau à assurer sa viabilité économique sont le fait des dirigeants, pas du personnel.

* L’engagement et le travail du personnel des CCI est essentiel pour le développement des entreprises et le renforcement du tissu économique : Soutien et accompagnement des entreprises à chacun des moments importants de leur existence : création, développement, export, assistance technique et soutien humain en cas de difficulté, transmission…sans oublier la formation des salariés dont elles ont besoin.


* Le personnel des CCI s’est illustré durant la crise sanitaire : il a su accompagner les entrepreneurs en leur dispensant les conseils nécessaires et les aidant à maintenir leurs activités tout en défendant l’emploi de leurs salariés.


* Le personnel des CCI a su apporter un soutien psychologique aux entrepreneurs en détresse et leur proposer des solutions adéquates face aux incertitudes du marché.


* Les enseignants ont su repenser leur activité et proposer des cours en distanciel pour préserver leurs étudiants, sans compter leur temps. Les écoles du réseau ont maintenu le cap plus qu’honorablement.

* Les collaborateurs ont fait preuve d’un dévouement sans faille et sont restés aux côtés des entrepreneurs 7/7, y compris durant leurs congés ou sur leurs jours de RTT, pour les aider à maintenir leur activité à flot.
 

Personne ne peut douter de l’implication des collaborateurs des CCI ni remettre en cause leur dévouement : ils ont été les principaux vecteurs de soutien aux entreprises, prodiguant conseils et supports indispensables (fiches explicatives, interprétations de textes, orientations vers les bons interlocuteurs, échanges et partages via de nombreux webinaires, relais auprès des ministères concernés) à la poursuite de leurs activités.

Cet investissement est dans l’ADN des agents des CCI pour qui l’accompagnement des entreprises est une mission de service public.

 
* Le statut atypique du personnel des CCI ne leur permet pas de bénéficier des avantages alloués aux fonctionnaires (augmentation du point, progression d’échelon, garantie d’emploi…), alors qu’ils sont, dans leur grande majorité, des agents publics statutaires.
 
* Les personnels des CCI subissent depuis 20 ans les stratégies hasardeuses initiées par les différentes directions et sont considérés comme la seule variable d’ajustement lors de restructurations destinées à convaincre les services de l’Etat que les CCI se réforment et se mutualisent.

Pour la Cour des comptes, les choix stratégiques opérés par nos dirigeants menacent la viabilité économique du réseau

Des choix hasardeux et déconnectés des besoins réels des entreprises
 
* Une méconnaissance du monde de l’entreprise : depuis la loi Pacte de 2019, les CCI sont censées assurer leur viabilité économique en facturant leurs prestations. Or, ces prestations s’inscrivent sur un marché déjà fortement concurrentiel et les CCI, qui n’ont selon la Cour des comptes qu’une « connaissance superficielle » des besoins des entreprises, peinent à s’imposer. Elles resteront donc largement dépendantes de la ressource fiscale.

* Des coupes faites dans le personnel, alors que les CCI disposent d’un patrimoine, immobilier et financier, considérable : Les CCI ont entamé depuis plusieurs années un vaste plan d’économies visant en priorité leurs personnels : comme l’a relevé la Cour des comptes, les effectifs ont diminué de 27,8% en 6 ans alors qu’avec un actif total de 6,8 Milliards d’euros en 2017, les CCI présentent un bilan encore très solide. Et disposent d’un important patrimoine, immobilier et financier (congrès et salons).

* Des investissements insuffisants dans la formation des collaborateurs : La Cour des comptes a relevé à juste titre les investissements insuffisants dédiés à la formation des collaborateurs : à l’heure où le réseau fait le choix de se diversifier et de multiplier son offre de service, les collaborateurs ne bénéficient toujours pas d’actions de formations suffisantes, préalable indispensable au maintien dans l’emploi et au développement des compétences.
 
* Une mutualisation des fonctions dépourvue de toute cohérence : Le processus de mutualisation entamé en 2015 devait conduire à une réduction des effectifs des fonctions supports et institutionnelles. Or, ce sont les fonctions opérationnelles qui ont connu, au niveau national, les réductions de personnel les plus drastiques, alors qu’il s’agit précisément des domaines dans lesquels les CCI souhaitent se développer…

ET MAINTENANT ?

En conclusion et après avoir souligné les nombreux manquements du réseau, la Cour des comptes prône « une évaluation complète et sans tabou de l’utilité des réseaux consulaires pour les entreprises », destinée à vérifier la légitimité du maintien du financement public qui leur est accordé.

« La poursuite de la transformation » du réseau consulaire, voire son « accélération », demandée par le gouvernement, laisse présager de nouvelles turbulences.

Plus que jamais, les salariés auront besoin de syndicats puissants, déterminés et sans complaisance envers nos employeurs. Rejoignez l’intersyndicale !


Un article du syndicat CGT CCI Paris IDF Chambre de Commerce et d'Industrie Paris IDF

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